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Publié : 22 juillet 2008

Discours de S.E. Monsieur François Cornet d’Elzius, Ambassadeur de Belgique, à l’occasion de la Fête Nationale belge, le lundi 21 juillet 2008

Bienvenue à l’Ambassade de Belgique, pour fêter notre pays.

NDABIFURIJE KAZE KU BARUNDI BOSE BO MU BUBILIGI NKABA NDA-BA-SHIMIYE KO MWA TWI-TA-VYE

Je voudrais d’abord accueillir tous mes compatriotes, qui sont aujourd’hui chez eux, pour leur fête.

Ongeveer een jaar geleden hebben wij op de Ambassade gestemd. Samen met de kiezers hebben wij nadien hier op de residentie de resultaten ontdekt.

Vele onder ons zijn waarschijnlijk teleurgesteld door de eindeloze politieke crisissen die vandaag nog niet totaal opgelost blijken te zijn. Maar laten we toch maar niet vergeten dat, hoewel onze problemen en onze verschillen inderdaad reëel en serieus zijn, onze instellingen goed werken. Niet alleen wordt het land beheerd en doen we het economisch goed, er wordt bovendien in België een intens politiek debat gevoerd. Uiteraard is het in België nooit “propre en ordre” : het is passioneel, rommelig, tragisch… en misschien niet zo tragisch. Beste landgenoten, laten we vertrouwen in onze instellingen : ze voeren een echt democratisch debat en dit zal verzekeren dat wat het resultaat ervan ook is, het ons resultaat is.

Ici au Burundi, nous avons continué de travailler, au sein d’un pays avec lequel nous entretenons des relations non seulement d’amitié, mais aussi d’affection.
La qualité des relations de nos deux pays est en effet remarquable

-  en mai dernier, la Belgique a financé et hébergé une initiative burundaise visant à intensifier les relations avec la diaspora. Ce n’est certes pas la première initiative de ce genre. Pour la Belgique, c’est un titre de fierté que la dispora Burundaise garde des contacts aussi fréquents avec son pays. La Belgique est vraiment la porte d’entrée du Burundi en Europe, et nous en sommes heureux et fiers. La diaspora burundaise, au contraire de beaucoup d’autres diaspora dans le monde, joue un rôle constructif et modérateur. Cela tient aussi sans nul doute au climat de liberté et d’ouverture qui règne au Burundi. La fête nationale burundaise a d’ailleurs été célébrée avec un éclat particulier à Bruxelles cette année.
-  La coopération bilatérale, pour sa part, revient progressivement à son niveau d’avant la crise. Je ne vous embêterai pas avec des chiffres et des détails incompatibles avec le caractère festif de notre réunion, mais sachez quand même qu’une grande partie des projets qui avaient été décidés en 2005 lors de mon arrivée en poste sont à présent en cours d’exécution. L’Aide bilatérale directe atteint 134 M€ dont 97 M€ en exécution ; secteurs : agriculture 21M€, éducation 36, 5 M€, gouvernance 26 M€, infrastructures 6,5 M€, santé 13,3 M€. Ceci sans mentionner l’aide humanitaire, ou la contribution apportée à travers les institutions internationales. En pratique, nous pavons les rues de Bwiza et de Nyakabiga, nous construisons des écoles, nous fournissons des livres scolaires et des bancs pour les écoles du Burundi, nous réformons le secteur des semences agricoles au Burundi, dont nous espérons une amélioration des rendements agricoles de 5% ; Nous avons entrepris un programme intégré très ambitieux pour la province de Kirundo, avec de l’éducation, de la santé… Nous draguons le port de Bujumbura ; Et quand je dis « nous », je ne parle pas de la Belgique, je parle de la Belgique et du Burundi, car il s’agit toujours de projets communs, et cogérés.
-  La reprise de la BCB par un groupe d’actionnaires à fort ancrage belge est la preuve que la Belgique veut continuer de croire dans le Burundi et y investir, à condition que l’Etat protège les investisseurs et les traite avec équité.

Oui, à l’heure où je m’apprête à quitter le pays, je regarde avec satisfaction la solidité de nos liens mutuels. Personnellement, j’ai pu constater, dans mes rapports quotidiens, l’amitié et la considération dont jouit notre pays au Burundi.

Au cours de ces 3 années, j’ai pu observer, accompagner l’évolution du pays,.

Le Burundi bâtit sur des acquis considérable. La guerre civile, qui a couté tant de morts, s’est terminée par quelque chose de mieux qu’une victoire : sur une entente commune pour évoluer vers une nouvelle mentalité politique, qui garantira le dialogue et la paix. Sur un consensus pour que toutes les composantes de sa société soient protégées par la force de la Loi, et la Constitution. Sur une compréhension commune que seul le dialogue permet au pays d’avancer. Et de fait, la Constitution dont les Burundais se sont dotés n’était pas n’importe quelle constitution. C’est un système politique qui est conçu pour ne fonctionner QUE si les forces politiques parviennent à dialoguer.

Cette intuition, malheureusement, a été bien difficile à mettre en œuvre. On a souvent assisté à un manque regrettable de dialogue au cours de l’année écoulée, et depuis 2005. Ceci a mené, à la longue, à une sorte de désenchantement vis-à-vis des structures institutionnelles qui auraient du permettre cette négociation. Je sens un certain fatalisme : « le système était trop compliqué, il ne correspondait pas à la culture politique du pays ». Oui, c’est vrai. Le système est compliqué, et la culture politique burundaise s’accomode mal d’un régime parlementaire, proportionnel, et consociatif. Mais le passé n’a-t-il pas prouvé que cette culture politique pouvait créer des véritables drames ? N’est-il pas urgent de penser autrement.

Je dis : gardez confiance dans vos institutions. Je crois qu’elles sont très bonnes ; elles sont en tout cas le fruit d’un consensus national élaboré dans les larmes et la sueur. Et c’est un belge qui vous le dit. Non pas au nom d’un passé commun ; Au nom d’un PRESENT commun. Oui, la Belgique est aussi un pays divisé. Oui, la Belgique est un pays qui, politiquement, souffre autant que le Burundi. Je crois fermement que notre propre salut, en Belgique, viendra de plus de dialogue. Et je suis absolument persuadé de la même chose pour le Burundi.

Le chemin vers le futur n’est jamais droit. Mais le Burundi ne doit pas quitter des yeux la ligne d’horizon. Malgré les échéances électorales, malgré l’urgence humanitaire permanente.
• L’intégration régionale reste plus que jamais essentielle. C’est l’avenir du Burundi.
• Avancer ensemble, essayer de créer un consensus politique, c’est plus lent, mais c’est nécessaire à long terme.
• Aborder les drames du passé, faire justice des crimes commis, c’est douloureux et même dangereux, mais c’est indispensable si l’on veut que l’histoire avance en ligne droite et pas en boucle.
• Protéger les entrepreneurs et les investisseurs, ne pas menacer leur propriété, permettre que l’effort soit récompensé, c’est indispensable pour assurer le développement économique du pays, et s’affranchir de la dépendance vis-à-vis de l’aide internationale.

Je vais à présent terminer, car les bières doivent réchauffer.
Je voudrais remercier le staff de l’Ambassade de Belgique, qui a effectué cette année son travail dans des conditions difficiles, puisque la rotation de personnel a été particulièrement fournie cette année. Je tiens à rendre hommage en particulier à ceux qui quittent le pays avec moi, Anton Broecke, un homme de vision, un idéaliste et un grand professionnel ; Michel de Saint Moulin, qui a hérité d’une situation de gestion très difficile qu’il a brillamment redressé, Ainsi qu’à tous ceux qui font fonctionner cette Ambassade au jour le jour, et notamment la section consulaire, car nous avons repris cette année l’octroi de visa de court séjour pour l’ensemble de la zone Schengen. Je remercie ici le professionnalisme du staff belge.

Enfin, je voudrais remercier les Barundi pour les trois années merveilleuses que ma famille et moi-même avons passées ici. Nous nous sommes immédiatement sentis à l’aise à Bujumbura, parmi les barundi qui nous ont témoigné une courtoisie et une amitié qui n’a jamais été prise en défaut. Bujumbura, pour ceux qui ont la chance d’avoir un bon niveau de vie, offre une qualité de vie qui trouve peu d’équivalent dans le monde. Et tant pis pour nos collègues auxquels leur administration interdit d’amener leur famille.

Je voudrais aussi remercier mes collègues européens. Je crois que c’est au Burundi qu’est en train d’éclore, discrètement, une véritable politique extérieure communautaire commune.

J’ai enfin plaisir à vous annoncer que mon successeur sera l’un des meilleurs diplomates belges, et de surcroît un grand connaisseur et un grand ami du Burundi. Je vous demande de faire à l’Ambassadeur Smets un accueil aussi courtois que celui que vous m’avez réservé.

NKABA NI FUZA KO UMWAKA UZA UZO TUGIRIRA IMIGENDERANIRE MWIZA.

Buvons à la santé de S.E. M. le Président Nkurunziza, à celle de S.M le Roi Albert II, et au bonheur de nos deux pays.